Inventaire des mines d'eau de Saint Michel l'Observatoire

L'inventaire citoyen conduit sur les communes de Saint-Michel-l’Observatoire et Lincel révèle des structures de captage de l'eau de types  variés : citernes,  galeries, mines d'eau,  résurgences captées.

Avec le soutien scientifique de Lucas Martin, archéologue à l'INRAP et de Vincent Meyer, chercheur associé au Centre Camille Jullian, les bénévoles ont pu étudier une dizaine de mines.

Cet inventaire s’inscrit dans le prolongement d’un inventaire conduit en 2014 avec l’association Largo sur la commune de Dauphin. Son objectif est de rappeler la richesse et l’importance autrefois du réseau souterrain de captage des sources et de conduites d’eau, qui contraste fortement avec l’absence apparente d’eau de surface sur le territoire des piémonts de la montagne de Lure et sur l’ensemble de la Provence calcaire.

La restitution publique de cet inventaire, le 20 novembre 2015, à Saint-Michel L'Observatoire a donné vie à un livret qui présente l’inventaire des systèmes traditionnels de captage d’eau sur la commune de Saint-Michel-l’Observatoire.

Nous vous présentons ici un descriptif  et les relevés des ouvrages les plus remarquables. Nous avons souhaité apporter le témoignages des anciens de la commune, qui ont connu le village avant l’adduction d’eau et donner un aperçu de  l’agriculture traditionnelle afin de vérifier s’il y avait une corrélation entre le type de cultures et les ressources en eau.

Cette publication a pour finalité de montrer que les hommes ont, autrefois, déployé des moyens importants pour domestiquer l’eau et la conserver.

La plupart des ouvrages observés ne se présentent pas comme une mine d’eau creusée au point de contact de deux roches différentes (couche perméable dominant une roche imperméable) à la recherche d'aquifères. Le territoire de Saint-Michel se décompose en terroirs comprenant un plateau pauvre en eau appelé les « plaines », des flancs de vallons  où affleurent les sources,  les fonds de vallons où circulent les ruisseaux du Reculon, du Répétié, de la Rimourelle, du Vallat des Bouteilles qui alimentent le Largue. Les Craux sont constitué d’une étendue pierreuse, domaine de la garrigue, de la lande à genêt et du chêne blanc.  On y trouve des belles bastides ou campagnes.  Enfin, un petit secteur de prairie humide proche de la commune de Dauphin constitue un espace privilégié pour l’agriculture à proximité de Tavernoure.

Cet inventaire révèle un territoire plutôt pauvre en eau.  De nombreux puits et des citernes ont été signalés dans les sous sols des maisons du village. Nous avons recensé de jolis puits couverts dans les campagnes aux abords des fermes et des habitations de maîtres. Ces réserves qui ont permis aux habitants de vivre durant des siècles,  dans une société économe en eau.    

Enfin, nous rappelons que l’époque moderne avec la création du réseau d’eau potable et des conduites pour l’eau agricole, marque l’entrée dans une ère où le sentiment d’abondance s’est généralisé, au risque de nous faire oublier que la Provence a souvent souffert du manque d’eau, que les périodes de sècheresse pouvaient durer plusieurs mois. Les témoignages des anciens sont là pour rappeler cette époque de pénurie et d’économie. Notre objectif est de permettre à chaque habitant de mieux comprendre que nous vivons un territoire où l’eau n’est pas une ressource inépuisable. 

À VENIR : Livret Les systèmes traditionnels de captage des eaux de Saint-Michel-l'Observatoire disponible en téléchargement.